Haendel s’est si souvent arrangé lui-même que je serais mal venu d’en vouloir à Matthias Kirschnereit de nous donner tout l’Opus 7 de son piano ! Après tout, il y a belle lurette que les pianistes se sont appropriés les Suites pour clavecin, il fallait bien un jour que la « wondrous machine » jouée avec tant de feu par Haendel cède elle aussi au règne du piano romantique. Romantique ou moderne d’ailleurs ? Matthias Kirschnereit, qui est l’auteur de cette « transposition », se garde bien de trancher, car s’il opte pour un style objectif, avec ornements minimalistes, son discours est souvent au fond assez expressif. Et le commentaire qu’y ajoutent Lavard Skou Larsen et ses musiciens de Neuss lui dresse des décors évocateurs. C’est bien vu, très joliment réalisé, plein d’esprit et de mesure, cela s’écoute sans arrières pensées, me manquent pourtant les couleurs, le clavier de flute, de cornemuse, de hautbois d’un orgue, et les bruits si vivants de sa machinerie. En cela la poésie s’en trouve réduite. N’empêche si le pianiste s’accapare l’Opus 4, je l’écouterai avec plaisir…. (Discophilia – Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé)
Haendel : Six concertos pour piano, op. 7. Kirschnereit, Larsen.
Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
Six concertos pour piano, op. 7 (HWV 306-311), transcription d’après la version originale pour orgue
Matthias Kirschnereit, piano
Deutsche Kammerakademie Neuss am Rhein
Lavard Skou Larsen, direction
20,60€
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