Difficile de voir Don Pasquale autrement, difficile de ne voir cette réalisation, Glyndebourne, 2013, qu’une seule fois, tant il y a de détails, gestes, clins d’yeux, trouvailles scéniques, qu’il faut voir et revoir pour goûter pleinement : la mise en scène (Mariame Clément), est inventive, preste, innovante (on commence en pyjama – de style – et dans une baignoire pour finir au milieu de cinquante crinolines et perruques blanches, en un tableau champagne et myosotis, durant la sérénade, qu’on dirait de fêtes galantes). Elle est réglée au millimètre et au quart de seconde, servie par l’agilité des interprètes – Malatesta (Nikolay Borchev) qui passe d’une pièce à l’autre à travers les lucarnes ou les tableaux –, Norina craquante en diable, jolie comme un cœur, et qu’on dirait en caoutchouc, corps et voix, Alessandro Corbelli égal à lui-même dans le rôle-titre, tous trois déployant un incroyable abattage, secondé par la baguette d’un Enrique Mazzola déchaîné. Côté musique, le charme est au rendez-vous, avec l’Ernesto d’Alek Shrader, impeccable, du Povero Ernesto au délicieux duo Tornami a dir. La prouesse vocale n’est pas en reste, tout du long, mais surtout dans le duo Malatesta
Don Pasquale, qu’on attend avec gourmandise et qui mène la volubilité aux limites de l’exécutable. Irrésistible ! (Danielle Porte)
Donizetti : Don Pasquale, live in Glyndebourne. Corbelli, de Niese, Mazzola, Clément.
Gaetano Donizetti (1797-1848)
Don Pasquale, opéra-bouffe en 3 actes
Alessandro Corbelli
Danielle de Niese
Nikolay Borchev
Alek Shrader
James Platt
Anna-Marie Sullivan
The Glyndeburne Chorus
London Philharmonic Orchestra
Enrique Mazzola, direction
Mariame Clément, mise en scène
27,90€
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