Le thème de la danse macabre apparu au moyen âge fut repris par des peintres entre gothique et renaissance (Dürer et Holbeïn) puis par les symbolistes (Ferdinand Hödler) mais assez peu illustré par les musiciens (Deux œuvres emblématiques de Liszt (Totentanz) et de Saint Saëns). C’est sur une idée de sa nièce Mariette, professeur de danse, troublée par la carnage de la seconde guerre mondiale (Que deviennent ces millions de morts anonyme ? Peut-on symboliquement les accompagner vers leur destin funeste par la composition d’une œuvre ?) que Frank Martin, compositeur suisse, composa cette œuvre Ein totentanz zu Basel im jahre 1943 (outre le fait que la plupart des représentations de danse macabre (XVe siècle) sont conservées à Bâle). Martin, compositeur catholique engagé, évidemment sensible à cette problématique, créé un ballet pour petit orchestre, chœur et percussions. La danse exigée par la chorégraphie, y est prégnante mais la manière symboliste et onirique du compositeur exprime surtout l’élévation vers le très-haut comme le fera ultérieurement un Messiaen. Les diverses situations morbides (La femme et l’enfant, le vieil homme, l’athlète, la jeune fille, le suicidé) sont ainsi gravées au burin de façon très stylisée. Martin s’efforce de saisir le passage de l’âme entre terre et ciel, (modulations tonales, passages harmoniques), occultant toute notion de néant. Interprétation nuancée et sans fioritures du Armar Choir&Orchestra, ensemble portugais spécialisé dans le répertoire sacré. (Jérôme Angouillant)
Frank Martin : Une danse macabre à Bâle en 1943. Madge, Habracken, Blomhert.
Frank Martin (1890-1974)
Une danse macabre à Bâle en 1943 (Ein Totentanz zu Basel im Jahre 1943)
Sakramentskoor
Hineni String Orchestra
Basel Drum
Geoffrey Madge, piano
ARMAB Orchestra (Associação Recreativa Musical Amigos da Branca, Portugal)
Bastiaan Blomhert, direction
20,60€
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